Une française juive témoigne

Publié le par lapuce

 


Violences
   insupportables



Avant notre voyage en Israël/Palestine nous avions tous beaucoup de documents sur le sort des populations palestiniennes. On savait qu’il avait empiré depuis le retour au pouvoir d’Ariel Sharon, en Israël.

L’organisation israéliene Gush Shalom (Bloc de la Paix) demandait qu’un groupe de Français en majorité d’origine juive vienne constater sur place les dégâts faits par la politique de Sharon, et en témoigne à son retour.

Les militants israéliens qui veulent une paix juste, négociée avec les Palestiniens, sont très peu nombreux. Ils font appel à l’opinion internationale. Ils souhaitent être entendus par les juifs influencés par la propagande qui présente comme antisémite et hostile à l’existence de l’Etat d’Israël l’action pour le respect des droits des Palestiniens. Pourtant quand j’ai reçu en novembre 2002 le projet de Gush Shalom et la demande que j’y participe, je ne désirais pas faire moi-même le voyage. Critique de la politique d’Israël dans les territoire conquis depuis 1967, et du soutien que lui apporte une importante partie des juifs français, je doutais de l’utilité de mon témoignage. J’expliquai que, « Française israélite » quand j’étais enfant, c’étaient l’occupation nazie et la politique de Pétain qui avaient fait de moi une petite «juive». Après la Deuxième guerre mondiale, l’Etat d’Israël a 

acquis un droit inaliénable à l’existence mais sa politique coloniale viole les droits d’un autre peuple et n’est pas acceptable. Ainsi celle de la France pendant la guerre d’Algérie avait été critiquée et combattue par des citoyens français. Finalement convaincue par l’argument selon lequel il faut «aller voir sur place» pour mieux comprendre et faire comprendre ensuite, j’ai participé à ce voyage en groupe, entièrement financé par les participants. Nous désirions tous un changement politique radical qui ouvrirait une perspective de paix entre Israéliens et Palestiniens : une «paix juste», dans le respect des droits de chaque peuple. Il y avait pourtant des discussions entre nous, en particulier sur le sentiment de peur des Israéliens à la suite des attentats- suicides contre des civils, qui ouvraient le cycle infernal attentats/ répression/attentats, entretenant la haine des deux côtés. Aucun de nous ne justifie ces attentats, mais on discutait sur les responsabilités de l’un et l’autre camp ou sur le rapport des forces entre la puissante armée israélienne et le bricolage militaire des auteurs d’attentats. Par contre nous étions unanimes pour condamner l’humiliation infligée à la population palestinienne soumise à un système de contrôle israélien sans cesse étendu, renforcé, asphyxiant. C’est sur les différentes formes de cette violence que je voudrais insister.
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Suzanne de Brunhoff

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