Vatican II

Publié le par angeline

" L'énigme sacrée "- tome 2, parution 1988
Sous chapitre...pour dessous d'histoire!
 (pages 332 à 337)


Auteurs: Michael Baigent, Richard Leigh, Henry Lincoln paru en juillet 1988.


 

Les manœuvres de la CIA


Le responsable le plus vraisemblable de la pénétration des intérêts américains dans les mouvements en faveur de l'unité de l'Europe fut sans doute le comte Richard Coudenhove­Kalergi, fondateur en 1922 de l'Union Pan Européenne, autrement dit Pan-Europa. Malgré sa discrétion sur le plan strictement pratique, Pan-Europa fut entre les deux guerres une organisation active et prestigieuse, qui accueillit un certain nombre de personnalités politiques de premier plan, tels Léon Blum et Aristide Briand, le Tchèque Edouard Benes, Winston Churchill, Albert Einstein, Paul Valéry, Miguel de Unamuno, Bernard Shaw et Thomas Mann pour ne citer que les plus célèbres.


Contraint de quitter l'Autriche au moment de l'Anschluss en 1938, Coudenhove-Kalergi était arrivé aux États-Unis en 1940 où il milita sans relâche en faveur de son idéal paneuropéen, déclarant sans cesse que son unité devrait être une priorité de la politique américaine de l'après-guerre. Ses efforts réitérés permirent ainsi de convaincre un certain nombre de politiciens de renom, comme William Bullitt, les sénateurs Fulbright et Wheeler, mais peut-être plus important encore, inspirèrent, quand l'Amérique entra en guerre, des initiatives pratiques, notamment de la part de l'OSS, précurseur de la CIA.


L'OSS (Office of Strategic Service) avait été créé d'après le modèle et avec l'aide du MI 6 et du SOE britanniques. Son premier directeur ayant été le général William « Wild Bill » Donovan, ses agents devaient constituer après-guerre le noyau de la CIA. L'un d'eux, Allen Dulles, serait ensuite le patron de la CIA de 1953 à 1961, année de la débâcle cubaine de la baie des Cochons qui le força à démissionner. Or souvenons nous que pendant la guerre, Dulles, en poste en Suisse, était entré en contact avec Helmut James von Moltke et le Cercle de Kreisau.


Mais revenons au directeur de l'OSS, William Donovan qui, en son temps, ne tarda pas à réaliser l'importance potentielle du Vatican dans les opérations des services de renseignements. Des milliers de prêtres catholiques étaient en effet disséminés à travers l'Europe, dans chaque pays, dans chaque ville et littéralement dans chaque village. Des milliers d'autres remplissaient les fonctions d'aumônier dans toutes les armées européennes en guerre, représentant en fait un énorme réseau renseignant et transmettant d'ailleurs pour la bonne cause quantité d'informations les plus diverses aux services internes du Vatican, l'un des quatre chefs des services de renseignements de la cité vaticane n'étant autre que Monseigneur Gio­vanni Montini, le futur pape Paul VI 4.


Comme nous l'avons vu, il est évident que le voyage du Dr Retinger aux États-Unis fut à l'origine de la création, le 29 mars 1949, de l'ACUE, comité ayant pour président Wil­liam Donovan, pour vice-président l'ancien responsable de l'OSS en Suisse, Allen Dulles, et pour secrétaire George S. Franklin, également directeur du Conseil privé des Relations étrangères et futur coordinateur de la Trilatérale. Le directeur exécutif de l'ACUE était par ailleurs Thomas Braden, agent de la CIA en activité qui allait par la suite être nommé directeur du Département des Organisations internationales de l'agence. A l'instigation de tous ces hommes, l'ACUE entreprit de souscrire au Mouvement Européen de Joseph Retinger 1, et des fonds issus du Département d'État américain furent discrètement transférés au siège bruxellois de l'organisation. C'est alors que l'URSS étendant son influence sur l'Europe de l'Est, la « Guerre froide » commença. Initialement conçu pour cimenter l'unité de l'Europe, le Mouvement européen, lui, se mobilisa donc progressivement pour bâtir un « rempart contre le communisme », initiative qui facilita par voie de conséquence l'épanouissement dans son sein de diverses organisations clandestines.

Désormais partiellement financés par la CIA, Joseph Retin­ger et divers autres membres du Mouvement européen se rapprochèrent alors du prince Bernhard des Pays-Bas, du Premier ministre italien et de sir Colin Gubbins, l'ancien directeur du SOE. Avec le général Walter Bedell Smith, le patron à l'époque de la CIA, ils fondèrent ensuite un comité qui se réunit pour la première fois en mai 1954 à l'hôtel de Bilder­berg, situé dans la ville hollandaise d'Oosterbeek. Ainsi naqui­rent les colloques de Bilderberg.


Entre-temps, bien entendu, la CIA n'en poursuivait pas moins ses activités parallèles. S'étant lancée dans un vaste programme d'opérations clandestines visant à consolider le « rempart contre le communisme », elle subventionnait largement les chefs de file politiques, les partis et les groupes de pression, les syndicats, les journaux et médias dans la mesure où ils faisaient montre d'un anticommunisme satisfaisant. Ainsi, au cours des années cinquante, quelque vingt à trente millions de dollars 9 par an en moyenne furent-ils investis en Italie pour soutenir des associations culturelles, des mouvements de jeunes, des publications et divers groupes catholiques. Les entreprises subventionnées par l'Église, et notamment les missions et les orphelinats, furent aussi aidées par la CIA, des fonds étant également versés à de nombreux évêques et cardinaux, parmi lesquels se trouvait le futur pape Paul VI. Inutile de le préciser, le parti démocrate chrétien italien fut l'objet d'une attention toute particulière, le père du futur pape, Gior­gio Montini, ayant été en 1919 le cofondateur de ce parti, et son frère étant sénateur démocrate chrétien.


Quoi qu'il en soit, le Mouvement européen du D' Retinger, également influent en Italie, servit à renforcer encore les liens qui unissaient la CIA et le Vatican. Retinger s'étant gagne l'appui du docteur Luigi Gedda, un vieil ami personnel, conseiller médical du pape Pie XII et chef de l'Azione Catto­lica (l'Action Catholique), puissante organisation démocrate chrétienne, il parvint à travers lui à se gagner aussi les faveurs du futur pape Paul VI, l'Action Catholique étant devenue l'un des bénéficiaires privilégiés des fonds de la CIA 10.

Ces bons rapports entre la CIA et le Vatican s'intensifièrent encore en 1963, quand le pape Jean XXIII mourut et fut remplacé par Paul VI, Giovanni Montini, archevêque de Milan.


Comme nous l'avons dit, Montini était déjà en relations avec la CIA, qui lui versait régulièrement des fonds, ayant pendant la guerre collaboré avec les services de renseignements américains, jouant le rôle d'intermédiaire entre le Vatican et l'OSS, puis devenu archevêque de Milan, l'ayant tenue au courant de l'activité politique de certains prêtres, renseignements qui peut être influencèrent les élections italiennes de 1960.


Toujours est-il que les bonnes relations entre le Vatican et la CIA persistent de nos jours. Si l'on en croit d'ailleurs Gor­don Thomas et Max Gordon-Witts, il y eut même en novembre 1978 une rencontre privée entre le pape Jean Paul II et le patron de l'antenne romaine de la CIA, à la suite de laquelle il fut convenu que la CIA transmettrait toutes les semaines des rapports confidentiels au Saint-Père ". Ce que l'Agence reçut en échange, cela, en revanche, n'a toujours pas été éclairci bien qu'il soit permis de formuler une hypothèse intéressante.


L'un des autres alliés de la CIA les plus influents au sein de l'Église a été le cardinal Francis Spellman de New York, connu pour avoir été, en 1954, directement lié pour le compte de l'Agence aux opérations du Guatemala, et à un coup d'État effectué par la CIA. Spellman, d'ailleurs, avait également de vastes activités en Italie et joua un rôle déterminant dans l'obtention de fonds secrets du gouvernement américain destinés à l'Église catholique romaine. Il était étroitement associé à Ber­nardino,Nogara, l'éminence grise de la Banque du Vatican, ainsi qu'au comte Enrico Galeazzi, qui au début des années soixante supervisait avec Michele Sindona les investissements et les activités bancaires du Vatican 12. C'est lui encore, le car­dinal Spellman, qui, en 1963, attira l'attention du pape sur le père Paul Marcinkus, de Chicago. Or, en 1971, devenu archevêque, Marcinkus était nommé patron de la Banque du Vati­can. Ami intime de membres de la loge P2 comme Michele Sindona et Roberto Calvi, était-il devenu, comme l'indiquent certaines sources, membre lui-même de la P2 ?


Si les origines de cette loge maçonnique P2 sont assez obscures, il semble en revanche acquis qu'elle se soit formée au début des années soixante 13. Quels qu'aient été ses objectifs initiaux, son Grand Maître d'extrême-droite, Licio Gelli, eut en tout cas tôt fait de lui faire rejoindre l'ensemble de groupes et d'organisations constituant le « rempart contre le communisme », certains de ses membres recevant de généreux subsides de la CIA. Ainsi, par le canal d'individus comme Calvi et Sindona, la P2 procurait un moyen d'approvisionner les institutions anticommunistes d'Europe et d'Amérique latine en fonds du Vatican et de la CIA. Calvi a d'ailleurs affirmé avoir personnellement supervisé le transfert de vingt millions de dol­lars des coffres du Vatican jusqu'aux caisses du syndicat polo­nais Solidarité, les sommes envoyées à Solidarité ayant dépassé, estime-t-on généralement, cent millions de dollars. Avant son inculpation pour meurtre, Sindona, on le sait, était non seulement le trésorier de la P2, mais aussi le conseiller en investissements de l'Église, qu'il aidait à vendre ses actifs italiens pour en réinvestir le fruit aux États-Unis. Entre autres services de cet ordre rendus à la CIA, il avait fait parvenir des fonds à des « amis » yougoslaves, ainsi qu'aux colonels grecs avant que ceux-ci ne s'emparent du pouvoir en 1967, et il a également contribué au versement de millions de dollars au parti démocrate chrétien italien.


C'est pourquoi, lorsqu'en 1981, la découverte de la loge P2 fit les gros titres de la presse internationale, le scandale suscité par sa mainmise sur les plus hauts échelons du gouvernement, de la police et de la finance, se concentra essentiellement sur l'Italie. Pourtant, selon David Yallop


« (...) certaines de ses branches sont toujours en activité en Argentine, au Venezuela, au Paraguay, en Bolivie, en France, au Portugal et au Nicaragua. Elle possède également des membres actifs en Suisse et aux Etats­ Unis. La P2 a des liens avec la Mafia en Italie, à Cuba et aux États-Unis. Elle a aussi des liens avec un certain nombre de régimes militaires d'Amérique latine, ainsi qu'avec divers groupes néo-fascistes. Elle a surtout des liens très étroits avec la CIA et s'enracine profondément au cœur du Vatican. Apparemment, le point commun essentiel de toutes ces organisations est leur peur viscérale du communisme 14. »


Il est aujourd'hui généralement reconnu que la P2, toute-puissante et influente qu'elle ait été, était (et est probablement encore) contrôlée par une autorité encore plus mystérieuse, qui lui transmettait ses instructions par l'intermédiaire de Licio Gelli, le Grand Maître de la loge. Selon une commission parlementaire italienne, l'organisation qui se cachait derrière la P2 s'étendait « bien au-delà des frontières de l'Italie 15 ». Toutes sortes de spéculations, plus ou moins sérieuses, ont déjà été formulées à son sujet. Certains l'ont identifiée comme étant la Mafia américaine. D'autres y ont vu la main du KGB ou de quelque autre service secret d'Europe de l'Est. Quelques-uns ont même mentionné le Prieuré de Sion. En 1979, toutefois, un repenti de la P2 - un journaliste du nom de Mino Peco­relli - a accusé la CIA. Deux mois plus tard, il était assassiné.


En mars 1981, la police italienne, au cours d'une perquisition dans la villa de Licio Gelli, découvrit des listes détaillées sur la composition de la loge, ainsi que l'index des dossiers de Gelli (quant aux dossiers eux-mêmes, ils avaient disparu, apparemment jugés plus importants que les listes de membres). Les journaux italiens publièrent des extraits de cet index incluant l'Opus Dei, Giulio Andreotti, alors ministre des Affaires étrangères (et, selon un document qui nous fut envoyé, membre supposé du Prieuré de Sion), et l'organisation officiellement connue sous le nom d'Ordre Souverain et Militaire du Temple de Jérusalem - c'est-à-dire l'organisation prétendant aujourd'hui être directement issue des Templiers.



L'Eglise au service du Mal...ce n'est pas si nouveau!

Publié dans dangerous news

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xray 03/02/2011 21:10


L’Europe est soumise au dictat de l’axe CIA-Vatican.
Seule la géographie distingue la CIA du Vatican. Pour le reste, c’est pareil.
- Les mêmes intérêts, les mêmes méthodes, les mêmes moyens, les mêmes personnes !
- Les curés manipulent. Ils contrôlent le premier et le plus grand réseau de renseignement. Ils vivent de la misère qu’ils produisent. Ils gagnent à pourrir la vie du plus grand nombre.
- Les américains manipulent. Ils imposent aux pays européens tout ce qu’ils ne veulent pas chez eux. Etc.

Axe CIA-VATICAN
http://mondehypocrite.midiblogs.com/archive/2011/01/29/axe-cia-vatican.html

Se sortir de l’Europe ! Et, vite !
http://n-importelequelqu-onenfinisse.hautetfort.com/archive/2010/06/30/se-sortir-de-l-europe-et-vite.html