La MPF

Publié le par sitbank

La corruption,
les pays industrialisés et le secret bancaire...Joseph Eugene Stiglitz

Joseph Stiglitz s'attaque à la corruption. Suite aux "attentats" du 11 septembre 2001, en quelques mois, les Etats-Unis ont réussi à geler les avoirs bancaires des "personnes" liées au terrorisme. Et le prix Nobel d'Economie 2001 pense qu'ils pourraient agir de la même façon pour lutter contre la corruption. Juste une question de (mauvaise) volonté.... Vidéo.

De l'influence des pays industrialisés dans la lutte contre la corruption organisée...

Selon Stiglitz, si les pays développés s'en donnaient la peine, ils pourraient interdire les paradis fiscaux et lever le secret bancaire, ce qui conduirait inévitablement à confondre corrupteurs et corrompus.

 



La mondialisation à l’œuvre

FMI, la preuve par l’Ethiopie

Après avoir démissionné de la Banque mondiale dont il était vice-président, Joseph E. Stiglitz raconte, dans son dernier livre, les obstacles rencontrés face au Fonds monétaire international (FMI). Nous en publions des bonnes feuilles, consacrées notamment à l’Ethiopie.

Le jour où j’ai pris mes fonctions de premier vice-président et économiste en chef de la Banque mondiale, le 13 février 1997, ce qui a retenu mon regard dès mon entrée dans les vastes locaux splendides et modernes de son siège central, 19e rue à Washington, c’est sa devise : « Notre rêve : un monde sans pauvreté. » Dans une sorte d’atrium de treize étages se dresse une statue : un jeune garçon conduisant un vieillard aveugle. Elle commémore l’éradication de l’onchocercose. Avant que la Banque mondiale, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et d’autres institutions n’aient uni leurs forces pour la combattre, des milliers de personnes perdaient la vue chaque année en Afrique à cause de cette maladie guérissable. De l’autre côté de la rue se dresse un autre monument splendide élevé à la richesse publique : le siège du Fonds monétaire international. A l’intérieur, l’atrium de marbre, qu’agrémente une flore luxuriante, rappelle aux ministres des finances en visite qu’ils sont au centre de la fortune et du pouvoir.

Ces deux institutions, que l’opinion publique confond souvent, présentent des contrastes marqués : elles diffèrent par leurs cultures, par leurs styles et par leurs missions. L’une est vouée à l’éradication de la pauvreté, l’autre au maintien de la stabilité mondiale. Les deux envoient des équipes d’économistes en mission pour trois semaines, mais la Banque mondiale a fait de gros efforts pour installer une partie importante de ses membres dans le pays qu’ils essaient d’aider. Le FMI, lui, n’a généralement sur place qu’un unique « représentant résident », dont les pouvoirs sont limités. Ses plans, en règle générale, sont dictés de Washington, et mis en forme au cours de brèves missions de hauts responsables : dès leur descente d’avion, ils s’immergent dans les chiffres du ministère des finances et de la banque centrale et, pour le reste, résident confortablement dans les hôtels cinq étoiles de la capitale.

La différence n’est pas seulement symbolique : on ne peut apprendre à connaître et à aimer un pays sans parcourir ses campagnes. Il ne faut pas voir le chômage comme une simple statistique, un « dénombrement des cadavres » - des victimes non intentionnelles de la guerre contre l’inflation ou pour le remboursement des banques occidentales. Les chômeurs sont des personnes de chair et d’os, ils ont des familles, et toutes ces vies sont éprouvées, parfois détruites, par les mesures économiques que recommandent les experts étrangers - dans le cas du FMI, qu’ils imposent. La guerre technologique moderne est conçue pour supprimer tout contact physique : les bombes sont jetées de 15 000 mètres d’altitude pour que le pilote ne « ressente » pas ce qu’il fait. La gestion moderne de l’économie, c’est pareil. Du haut d’un hôtel de luxe, on impose sans merci des politiques que l’on repenserait à deux fois si l’on connaissait les êtres humains dont on va ravager la vie.

Ce que disent les statistiques, ceux qui sortent des capitales le voient de leurs yeux dans les villages d’Afrique, du Népal, de Mindanao, d’Ethiopie : l’abîme entre les pauvres et les riches s’est creusé, le nombre de personnes qui vivent dans la pauvreté absolue - moins de 1 dollar par jour - a augmenté. (...)

Les mentalités ne changent pas en un jour : c’est aussi vrai dans les pays riches que dans le monde en développement. Concéder l’indépendance aux colonies (...) n’a pas fait changer d’avis leurs anciens maîtres : ils se perçoivent toujours comme « ceux qui savent ». Ils n’ont jamais cessé de soutenir que les nouveaux pays indépendants doivent leur faire confiance et appliquer leurs recommandations. Après tant de promesses non tenues, tant de trahisons, on aurait pu croire qu’il en irait autrement. Mais, en fait, ces pays ont continué à suivre les conseils qu’on leur donnait à cause de l’argent qui les accompagnait, et non parce qu’ils avaient vraiment confiance dans ces prescriptions. L’après-guerre a vu s’estomper l’influence des anciennes puissances coloniales, mais la mentalité colonialiste est restée - la certitude de savoir mieux que les pays en développement ce qui est bon pour eux.

suite içi

Publié dans dangerous news

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article